Ti Plouz – une maison bioclimatique en paille en Bretagne

Planète bleue / France / Bretagne / Côtes d’Armor / Lannion

Bilan après 6 mois de vie dans une maison en paille

4 octobre 2010 par Yann

06.08.2010 - Share on Ovi

Bonjour,

Ça fait quelque temps que je n’avais plus rien publié. Il faut dire que ça fait quelque temps que je ne fais plus grand-chose dans la maison. Après les longs week-ends et les non moins longues soirées passées à poser des bottes de paille, construire les coffrages pour installer les linteaux et les appuis de fenêtres, poser le frein-vapeur, je dois avouer que la belle saison s’est avérée propice à lever le pied côté chantier. Il reste encore quelques petites choses à faire, mais nous sommes tout de même bien installés et ça attendra bien l’hiver. :)
Que dire de ces 6 mois passés dans la maison ? Eh bien après une saison de chauffe pour le moins courte (dernière flambée faite le 9 mars), nous n’avons pas eu de mauvaise surprise durant l’été. Je pense que nous allons envisager d’installer des stores extérieurs afin de limiter les apports solaires estivaux : la température intérieure restait supportable, mais il faut dire que nous laissions toutes les fenêtres oscillo-battantes ouvertes jour et nuit. Ceci nous a également permis de couper la VMC double-flux. Étant donnée la consommation électrique assez importante de cet appareil, et l’agrément incomparable de la ventilation naturelle, ce serait dommage de s’en priver…
Pour le moment, c’est encore en gestation, mais je commence à réfléchir à une solution qui permettrait d’adapter le débit de la VMC en fonction des paramètres d’ambiance intérieure et extérieure (température, taux d’humidité, éventuellement CO2 et gaz polluants) voire de piloter les stores extérieurs (ensoleillement). L’avantage serait de permettre de n’utiliser la VMC que lorsqu’elle est utile (notamment en limitant le renouvellement d’air lorsque l’air intérieur est propre (température, taux d’humidité, et taux de polluants) et que nous sommes absents, pour la déclencher lorsque c’est nécessaire. Rien de très palpable pour le moment, mais j’y réfléchis. :) Pour information, j’utiliserai certainement une carte Arduino associée à une batterie de capteurs.

Côté jardin, nous avons semé un joli gazon anglais, qui a le mérite d’être à la fois esthétique et de pousser lentement : nous trouvons qu’il y a des tas de choses plus intéressantes que de tondre une pelouse, dans la vie, alors moins nous le faisons souvent et mieux nous nous portons. Dans le même esprit, nous avions semé de la prairie fleurie sur une zone assez importante afin de favoriser la biodiversité. Côté biodiversité, nous avons été servis, puisque nous avons découvert un nombre invraisemblable de variétés de sauterelles, de papillons et autres coléoptères dans le jardin. Sans parler des nombreux grillons et du plaisir du parfum des fleurs qui remplissaient l’air, le soir venu.
Mais -car oui, il y a un mais- je ne sais pas encore comment je vais procéder pour me débarrasser des milliers de plants de renouée persicaire dont les graines se sont réveillées lorsque nous avons travaillé le sol. Sur la partie engazonnée, ça va : le fait de tondre régulièrement a empêché les plants de venir à graine, mais dans les massifs de prairie fleurie… Aïe aïe aïe. S’agissant d’une plante annuelle (se reproduisant donc par mise en graine), j’ai procédé à un arrachage manuel afin de supprimer à la fois les plants et les graines sur une partie de la zone concernée, mais pas sur sa totalité. Les graines sont donc tombées au sol… :/ Sachant que nous souhaiterions éviter l’emploi de pesticides, il va falloir que je me penche sérieusement sur la façon dont je peux couper court à l’invasion, l’année prochaine. Je crois que nous touchons du doigt la difficulté de gérer un terrain en « bio ».  Si quelqu’un a une idée sur la meilleure façon de procéder… :)

A bientôt,
Yann

Catégorie : Bioclimatisme, solaire, Ventilation | Il y a 1 commentaire !

Déménagement : c’est fait !

19 mars 2010 par Yann

Bonjour !

Ça fait bien longtemps que je n’avais pas pris le temps de poster un article. Sachez juste que nous avons emménagé fin janvier. Pour info, ça fait une dizaine de jours que nous avons arrêté le chauffage… Et lorsqu’on chauffait, c’était une flambée de 3-4 petites bûches dans le poêle à bois environ tous les 2-3 jours, suivant les températures extérieures. Pendant les journée ensoleillées, la maison peut reprendre 4°C entre le matin et le soir, pour se retrouver à 21-22°C le soir, et 18°C le matin… Comme quoi, le bioclimatisme et l’isolation paille, ça marche !  ;)

@bientôt !

Yann & Rozenn

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Frein-vapeur, colle et adhésif : terminé !

16 novembre 2009 par Yann

Bon, que les choses soient claires : dans notre cas, je crois que la conception de la maison n’était pas trop adaptée à la pose de frein-vapeur… Je savais qu’il y aurait certains points délicats à gérer, mais je ne m’étais pas rendu compte à quel point ce serait long et pénible. Dans notre cas, nous avions beaucoup de points « singuliers » à traiter, dont certains auraient été relativement faciles à éviter, moyennant une réflexion un peu plus aboutie en phase de conception.

NB : certains autoconstructeurs font le choix de se passer de ce type de protection et je n’ai jamais entendu parler de cas de sinistres dûs à ça dans une maison isolée à la paille (typiquement, il s’agirait de problèmes d’humidité dans le mur, dûs à la formation de condensation). Pour ma part, j’ai pris le parti de la prudence (que certains pourront donc considérer comme de la paranoïa ?), considérant que si les protections contre la vapeur d’eau (pare-vapeur / frein-vapeur) sont obligatoires en construction bois conventionnelle, y compris dans le cas de parois perspirantes composées de matériaux hygroscopiques, je ne voyais pas de bonne raison de m’affranchir de cette contrainte. Mais en matière d’autoconstruction,  chacun voit midi à sa porte…

Quelques exemples en images :

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On voit ici le haut d’un mur du rez-de-chaussée. Ces murs sont isolés à la paille jusqu’au bas des solives (les pièces de bois qui supportent le plancher de l’étage). Au-dessus, nous avons utilisé soit un bourrage de paille en vrac, soit de la laine de bois, mais dans tous les cas il ne s’agissait pas d’un support « enduisible » (enduisable ? mystère…). Or, outre son aspect décoratif, lorsqu’il sera terminé (et donc dénué de fissures), l’enduit terre assurera également la fonction de frein-vapeur. Mais étant donné qu’il ne recouvre pas l’intégralité du mur, il faut avoir recours à un frein-vapeur du commerce pour compléter la protection du mur en partie haute.

Pour revenir à nos moutons, l’idée générale de la pose de frein-vapeur est de constituer une enveloppe continue tout autour de l’espace habitable. Dans la pratique, il s’agit de combiner un film frein-vapeur (préférable à un pare-vapeur, lorsque la paroi est conçue pour être perspirante), de la colle et de l’adhésif afin de constituer une barrière complète. Tant qu’il s’agit de faire adhérer le film sur une surface plane, tout va bien (et vite !). Des qu’il y a des coins, ça se gâte sensiblement, puisque le film n’est pas élastique, et qu’il faut donc jongler avec des plis et des découpes, de la colle ou de l’adhésif. Dans cette perspective, on imagine aisément ce que peut représenter la pose lorsqu’il y a des solives, des traversées de gaines, ou des chevronnages.
Des produits spécifiques existent pour faciliter la gestion des traversées de gaines ou de conduits (par exemple les manchettes Kaflex et Roflex de Proclima), mais notre électricien/plombier n’était pas trop partant pour les utiliser… Et je n’avais pas pris conscience de la difficulté de la tâche sans ces manchons.
Par contre nous avons utilisé le produit hybride (adhésif + trame d’enduit) de Proclima (le Contega PV), qui nous a bien rendu service, puisqu’une fois intégré à la couche de corps de l’enduit terre, il ne reste plus qu’à décoller la protection de la bande adhésive du Contega PV, et à coller le frein-vapeur dessus. Du petit lait :

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On voit ici la bande de protection en blanc, juste sous la bande de frein-vapeur…

Au jour d’aujourd’hui, tout, oui, je répète, je dis bien *tout* le frein-vapeur est posé, mais j’ai dû faire des compromis à certains endroits, notamment autour de certaines traversées de gaines et de conduits : j’ai traité les endroits les moins accessibles avec de la mousse polyuréthane expansive, qui avait le mérite de venir prendre la place disponible toute seule, lorsque je ne pouvais pas accéder avec l’adhésif ou même avec le pistolet à colle. Le polyuréthane est certainement un des produits les plus polluants qui soient à la production, et des plus nocifs en cas d’incendie, mais utilisé à petite dose (4 cartouches dans la maison) et lorsqu’il rend un vrai service…

Si c’était à refaire (ou si vous souhaitez poser un frein-vapeur dans votre maison en paille), quelques conseils :
- 1) prévoyez de faire passer un maximum de gaines et de conduites d’arrivée d’eau/évacuation sous la dalle, afin d’éviter de devoir les faire traverser un mur (et donc votre enduit ou votre frein-vapeur…). Dans la pratique,
- 2) tout dépend de la façon dont est construite votre ossature, mais si la maison est sur deux niveaux, prévoyez de faire passer un lé de frein-vapeur allant du sol de l’étage au bas du solivage, passant donc entre le bout du solivage et les panneaux de contreventement. Au lieu de devoir suivre le solivage avec le frein-vapeur, ça permet de faire une simple jonction à l’adhésif entre ce lé et les lés qui couvrent le mur,
- 3) si vous voulez gagner du temps, demandez à l’électricien et au plombier d’utiliser des manchettes pour les traversées de gaines et de conduits… Elles coûtent un peu cher, mais s’il n’y a pas trop de traversées à gérer (cf. conseil du jour n°1), ça ne devrait pas chiffrer trop…

A + !
Yann

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