Ti Plouz – une maison bioclimatique en paille en Bretagne

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Terrassement, réseaux, soubassement, fondations, plancher chauffant, dalle…

18 décembre 2008 par Yann

Bonjour,

Ca y est, les travaux ont (enfin) commencé…

…en commençant par une mauvaise surprise : contrairement à ce qui avait été déterminé lors de la phase de conception avec l’architecte, les regards de branchement aux réseaux d’assainissement ne permettent pas d’évacuer les eaux usées/pluviales par la simple gravité : si on ne peut pas faire refaire des travaux (€€), nous allons devoir faire installer une pompe de relevage (€€€ + risque de panne + entretien…). L’architecte s’est basée sur une information fournie par le géomètre, qui lui avait envoyé un message un peu ambigü en lui donnant une altimétrie très favorable… en parlant d’un autre regard, situé beaucoup plus bas que celui qui nous intéresse. Du coup les plans ont été réalisés sans se soucier du niveau futur du regard de branchement, et comme c’est un particulier qui a viabilisé le terrain que nous avons acheté, ce n’est pas un pro du domaine, et il n’a pas pensé à nous demander nos plans avant de définir l’altimétrie des regards. De leur côté, l’entreprise qui a réalisé les travaux n’a pas demandé comment serait la maison, et nous n’avons pas non plus songé à le leur indiquer. Résultat : ça ne colle pas. :-/

A l’heure où j’écris, ce n’est pas encore vraiment élucidé : nous savons que nous pouvons nous raccorder avec une pente de 1% en retirant une canalisation au plus direct jusqu’à la « chaise de raccordement » (sorte de grosse cuve en béton sous la bouche d’égoût)

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Sinon l’entreprise que nous avons choisie (« BSR » de Bégard (22), pour « Bretagne Soubassements et Réseaux ») est intervenue en temps et en heure. Ils ont commencé par réaliser le terrassement. En conformité avec le plan du permis de construire, nous encaissons la maison dans le terrain. La maison étant haute, et le Plan Local d’Urbanisme imposant une limite de 6m entre la gouttière et le terrain naturel. Nous aurions pu opter pour une maison moins haute, avec une toiture en pente, mais nous ne souhaitions pas avoir de lucarnes de toiture (Vel*x…) afin d’avoir des vitrages verticaux qui nous permettraient de bénéficier des apports solaires hivernaux, en limitant les apports estivaux… Au final : un joli trou, et plein de terre que nos futurs voisins étaient ok pour récupérer afin de remblayer le fond de leur terrain.


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BSR a acheminé les longrines qu’ils ont préfabriquées sur leur marbre, à Bégard. Sur la photo on aperçoit :

  • les 5cm de polystyrène (compromis majeur…) qui sont intégrés du côté intérieur des longrines périphériques. Ces 5cm seront complétés par 10cm supplémentaires, en périphérie de dalle. Nous aurons donc une bonne rupture de pont thermique à ce niveau.
  • les fers qui dépassent en bout de longrines, et qui servent de clavetage pour solidariser les longrines entre elles, une fois le banchage réalisé sur ces ferrailles.
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L’isolant intégré dans la longrine est un « Roofmate TG-A » fabriqué par Isover. Pour l’épaisseur en question, il dispose d’un lambda de 0.035W/(m.K), ce qui donne un U=0.7 pour 5cm, soit R=1.42.

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BSR envisageait initialement d’utiliser du drain jaune pour le drainage périphérique. Ce drain, utilisé dans le domaine agricole, présente la particularité d’être perforé non seulement sur le dessus, mais également sur le dessous. Il permet donc de répartir le niveau d’humidité, mais pas vraiment d’évacuer. Nous leur avons demandé d’utiliser du drain rigide, perforé uniquement sur le dessus, ce qu’ils ont accepté sans problème.

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Une fois le terrassement et les tranchés de fouilles creusées, BSR a coulé un béton de propreté, et disposé des agglos par endroits, et un ferraillage périphérique. Les blocs permettent d’assurer que les longrines seront disposées de niveau, et le ferraillage permettra de structurer l’appui du mur de soubassement, en contribuant à rigidifier l’appui.

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13112008076Les longrines sont déposées aux endroits voulus. Cette méthode, bien mise en oeuvre, permet de réaliser des murs de soubassement répondant parfaitement aux attentes du charpentier, en terme de niveau, de dimensions, etc.

A la jonction des longrines, les fers s’entrecroisent, dans l’attente du banchage.

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13112008078Une autre jonction, entre deux longrines périphériques, et une longrine de refend, plus basse de 10 cm. La dalle sera coulée par dessus cette longrine, qui constituera ainsi un renfort local à ce niveau, où un mur de refend (« porteur ») sera situé. Cette approche m’a un peu surpris au départ, car il me semblait que lorsqu’on réalisait une dalle flottante sur terre plein, on cherchait justement à désolidariser au maximum la dalle de tout élément fixe (soubassement, tuyaux d’évacuation…), afin d’éviter que la dalle soit mise en porte-à-faux, si un tassement se produit. L’alternative aurait été de faire les longrines de refend de la même hauteur que les longrines périphériques, et de faire des dalles distinctes. Il aurait alors fallu réaliser une chape au dessus de la dalle et de la longrine. C’est cette chape qui aurait supporté l’effort en cas de tassement de la dalle, donc ça n’aurait rien arrangé. Comme selon BSR, il n’y a pas de problème utiliser la méthode qu’ils ont préconisée (d’après eux c’est une méthode habituelle), nous avons donc pris le parti de leur faire confiance.
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Mauvaise surprise, une des longrines, placée en porte-à-faux, a fissuré lors de l’installation. Le ferraillage empêche la fissure d’augmenter. Pas très agréable à voir, mais après avoir pris de renseignements « à droite à gauche », ça ne semble pas trop prêter à conséquence. Une fois les fouilles coulées, la longrine sera prise dans le béton de ciment, et l’effort ne sera plus uniquement supporté par le ferraillage. Nous avons quand même demandé à BSR de boucher la fissure afin de limiter les risques d’oxydation du ferraillage dans le temps, ce qu’ils ont fait sans broncher.

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Une fois les longrines mises en place, BSR prépare les banches à chaque jonction de longrines.

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Un camion toupie vient couler du béton de ciment dans les banches de jonction entre les longrines, et les fouilles.

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Ca y est, c’est coulé… Une fois la prise du béton de ciment effectuée, les longrines seront solidaires des fouilles, et fourniront une bonne assise au poids de la maison.

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J’ai oublié de faire des photos du hérisson, avant la pose de l’isolant. Ce n’était pas très spectaculaire, ceci dit. Il s’agissait d’une couche de 0/60 de 30cm. Rétrospectivement, je me demande si on n’aurait pas mieux fait de demander la même épaisseur en 20/40. A l’époque, je n’avais pas étudié la classification des granulats. Entre temps, je me suis aperçu que le premier chiffre (0/60 ou 20/40) désigne le diamètre des granulats les plus fins qu’on trouve dans le mélange, et le second chiffre le diamètre des granulats les plus gros. Dans la pratique, quand on voir « 0/quelque-chose », ça veut dire qu’on trouve des particules fines, du sable, etc. Or c’est ce type de particules qui favorise les remontées d’eau par capillarité, contrairement çà des granulats plus gros comme ceux du 20/40, entre lesquels l’eau ne remonte pas. Notre terrain est bien drainant (schiste clivé) et nous avons mis en place un bon drainage périphérique, mais si c’était à refaire… Quoi qu’il en soit, on passe directement à l’étape isolation sous la dalle. Après quelques mésaventures (le fournisseur de BSR leur avait donné du Stisol, fabriqué par Placo-BPB, polystyrène blanc « classique » prévu notamment pour l’isolation par l’intérieur des cloisons (no comment…), mais pas du tout pour mettre sous une dalle flottante : celle-ci aurait rapidement écrasé l’isolant, en s’affaissant elle même. Bref, on a eu chaud.). Nous ne nous en sommes rendus compte qu’une fois le Stisol mis en place, les gars de BSR ont donc dû défaire leur travail de la veille pour mettre à la place un autre produit, de l’ »Unimat Sol Ultra ».

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Ce n’est pas très perceptible sur la photo, mais l’Unimat (le plus sombre) n’a pas du tout la même texture que le Stisol (le blanc) : celui-ci cédait facilement à la pression du doigt, tandis que l’Unimat est beaucoup plus ferme. Ce que confirme sa classification NF-P61-203, qu’on aperçoit sur l’étiquette. Le SC1 correspond à la classe de compressibilité la plus élevée, et détermine le type d’ouvrage qu’on peut réaliser au-dessus de cet isolant (dalle, chape…). Le SC1 permet de réaliser des chapes non armées >6cm ou <5cm armées. Une classe SC2 implique une chape armée de 6cm mini. Dans notre cas, on a un isolant SC, et une dalle de 14cm armée, on est donc largement dans les clous…

La mention « a », à la suite, signifie que l’isolant est adapté à des charges d’exploitation jusqu’à 500kg/m². Un « b » aurait signifié qu’il n’est adapté qu’à des charges d’exploitation de 200kg/m², ce qui est le niveau de charge pris en compte pour une habitation.

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Le chiffre situé après le a (dans notre cas, un 2) correspond à l’indice de fluage (plus ou moins l’écrasement, d’après ce que j’ai compris). Quand on superpose plusieurs couches d’isolant sous une dalle sur terre plein, il ne faut pas que la somme des indices de fluage des différentes couches excède 4, de façon à ce que la couche isolante ne s’écrase pas de plus de 2mm en 10 ans. Dans notre cas, nous aurions donc pu superposer 2 couches isolantes en restant dans la norme. Nous ne l’avons cependant pas fait, car 2 couches de cet isolant auraient fait 12,4cm, alors que l’isolant envisagé initialement faisait 10cm. Il aurait donc fallu diminuer la hauteur du hérisson (= augmentation de risque de remontées d’humidité) ou diminuer l’épaisseur de la dalle (= diminution d’inertie et peut-être de solidité ?), donc nous sommes restés là-dessus, même si l’isolation du sol est relativement limitée (R=2). Au départ, nous tablions plutôt sur 10cm de PSE, soit environ un R=2.5. J’espère ne pas avoir fait un trop mauvais choix à ce niveau, je compte sur le fait que la température du sol est stable, et jamais très froide… La présence d’un drain périphérique devrait également contribuer à baisser l’humidité du sous-sol, et donc le refroidissement de ce dernier par les eaux de ruissellement.

La mention « Ch » qui termine la classification indique que l’isolant est adapté dans le cas d’un plancher chauffant. Ca tombe bien, puisque nous allons faire passer des serpentins de chauffage dans la dalle. Pour le moment, ils ne seront pas raccordés à un système de chauffage, ils sont plutôt là en réservation, si nous nous apercevons que le comportement thermique de la maison n’est pas à la hauteur de nos espérances, ou si nous voulons nous rendre un peu plus indépendant des contraintes du chauffage au moyen d’un poële à bois…

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A ce stade, c’est au tour de l’entreprise Lubin située à Le Merzer (22) près de Guingamp, d’intervenir. Le polyane (oui, je sais, c’est pas perspirant, mais quand on fait appel à une entreprise de bâtiment, et qu’on fait une dalle autoplaçante, pas vraiment moyen d’y échapper…). On les voit ici commencer à intervenir, alors que BSR vient de mettre en place le polyane et le ferraillage de la dalle.

On remarque également les pièges à eau disposés à l’entrée du garage et à l’entrée du futur préau situé à l’entrée de la maison. Ces pièges serviront à capter l’eau qui descendra de l’entrée du terrain, pour éviter qu’elle vienne former une mare à l’entrée de la maison…

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Ca y est, l’entreprise Lubin a terminé de mettre en place les tuyaux de chauffage par le sol, et les gaines qu’ils souhaitaient pouvoir faire passer sous la dalle. En ce qui concerne le circuit de chauffage par le sol, il s’agit de tube multicouche de marque Uponor. Ces tubes sont constitués d’un tube intérieur en polyéthylène, d’un doublage en aluminium, et d’un tube extérieur en aluminium. Ce principe permet :

  • de conférer à ces tubes souples comparables à du PER un coefficient de dilatation comparable à un tube métallique, tout en conservant la facilité de manipulation d’un tube PER (on peut les cintrer à la main, et ils conservent leur forme),
  • d’avoir un bon niveau d’étanchéité à l’oxygène, ce qui devrait permettre de limiter l’embouage du circuit au fil du temps.
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On voit le point où sera installé le collecteur pour le circuit de chauffage par le sol (les boucles blanches), ainsi que le tuyau d’entrée d’air que nous avons prévu afin d’assurer l’alimentation en air du poële à bois.

Une question qui revient souvent : pourquoi avoir placé le plancher chauffant dans la dalle, et non dans une chape isolée par le dessous, comme ça se fait habituellement ? Dans notre cas, il s’agit plutôt d’une solution dite de « températion du béton » que d’un plancher chauffant classique à faible inertie. L’idée est d’être capable d’exploiter le sol comme surface de rayonnement en appoint de chauffage, lorsque c’est nécessaire (plei hiver, longues périodes sans soleli…) sans perdre pour autant son inertie, et donc sa capacité à accumuler la chaleur issue du rayonnement solaire, notamment en inter-saison.

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Un détail au niveau des conduites d’évacuation : BSR mettra en place quelque-chose autour de chaque conduite fixe, de façon à les désolidariser de la dalle. Etant donné le poids de cette dernière, un tassement même léger pourrait casser la conduite.

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BSR a disposé une couche de polystyrène (type Roofmate TG-A) sur les longrines de refend, au niveau des ouvertures. L’idée (issue de BSR) est de placer un matériau suffisamment rigide pour résister au poids de la dalle elle-même, mais suffisamment compressible pour pouvoir absorber un éventuel tassement de cette dernière.

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Un plot de refend, au-dessus duquel sera placé un poteau de l’ossature bois. Le trou descend « jusqu’au dur », et sera rempli de béton lors du coulage de la dalle.

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La cuve de récupération d’eau de pluie. On n’en voir plus grand-chose, mais… elle est là !

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Ca y est, les gars de BSR ont coulé la dalle. C’est du béton dit autoplaçant, c’est-à-dire qu’il est suffisamment fluide pour se niveler tout seul, sans avoir besoin d’être tiré à la règle, ni vibré. Une fois lissé, sa surface est suffisamment plane pour y placer directement la finition.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui… (c’est déjà pas mal, non ?)

Cet élément a été posté le Jeudi 18 décembre 2008 à 15:21 et est classé sous Technique, Travaux. Vous pouvez suivre les réponses à cet article sur le flux RSS 2.0 feed. Vous pouvez répondre, ou mettre en place un trackback/rétrolien de votre propre site.

3 réponses à propos de “Terrassement, réseaux, soubassement, fondations, plancher chauffant, dalle…”

  1. Vortice a dit:

    Bonjour,
    Je suis tombé par hasard sur vos perplexités en ce qui concerne le besoin de ventilation et les matériels existants
    Je pense que le principe de VMR (ventilation mécanique répartie) est exactement ce qu’il vous conviendrait d’envisager. C’est un excellent compromis entre qualité d’air interieur et économie d’énergie.
    Ce principe est homologué par Promotelec et est éligible aux certificats d’économie d’énergie ce qui vous assure de son bien fondé.
    Vous en trouverez tous les détails sur http://www.vmr-vmc.com « onglet documentation »
    La qualité de l’air intérieur étant une priorité chez Vortice je pense ainsi vous être utile AMICALEMENT C.P

  2. Solenn29200 a dit:

    Salut!!
    Nous aussi BSR a fini son intervention (bien plus réduite que la tienne) et nous aussi avons eu quelques fissures…A suivre donc!!
    So’

  3. Joseph a dit:

    Bonjour ,
    Tres interessant les infos que vs donnez.J’aimerai bien connaitre le prix de votre terrassement ,merci.

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