Ti Plouz – une maison bioclimatique en paille en Bretagne

Planète bleue / France / Bretagne / Côtes d’Armor / Lannion

Des bottes ! Des bottes !

13 octobre 2008 par Yann

Bonjour !

Bon, ça fait quelque temps que la paille est arrivée sur le terrain, mais on a été un peu débordés et je n’ai pas pris le temps de faire un article. Comme il paraît que mieux vaut tard que jamais, je fais une petite rétrospective…

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Volume général de la maison

22 février 2008 par Yann

Bioclimatisme & conception d’un volume

Parmi les principes essentiels du bioclimatisme, se trouvent la réduction des déperditions thermiques, et l’optimisation des captages solaires hivernaux.

Quand il s’agit de travailler sur le volume général d’une habitation, l’objectif de réduction des déperditions voudrait qu’on tende vers une forme la plus compacte possible. En effet les déperditions thermiques sont proportionnelles à la surface extérieure des parois du volume.
Théoriquement, on tendrait ainsi vers des formes se rapprochant le plus possible de la sphère, cette dernière étant la forme dont le rapport volume intérieur/surface extérieure est le plus élevé. Si on s’écarte des formes arrondies, la forme la plus favorable du point de vue du facteur de forme serait le cube.

Cependant, si on prend en compte la problématique d’optimisation des captages solaires hivernaux, on est amené d’une part à augmenter la surface de la façade sud afin d’augmenter la surface vitrée, par lesquels les rayons solaires hivernaux pourront pénétrer dans la maison, et à diminuer la profondeur du volume sur l’axe nord-sud, afin de favoriser l’accès des rayons solaires à l’ensemble de l’espace habité. A cet égard, on considère que la profondeur d’une habitation ne devrait pas excéder ~2-2.5 fois la hauteur de ses baies.

La recherche d’un compromis entre ces 2 approches a donné naissance à une multitude de formes architecturales, mais la forme la plus simple qui concilie à la fois une forme compacte, et une façade sud généreusement proportionnée, est un parallélépipède rectangle allongé dans le sens est-ouest…

Mise en application de ces principes dans notre projet

En début de projet, n’étant pas « du métier », souhaitant construire la maison en paille, et travaillant tous deux à plein temps, nous avons choisi de travailler avec une architecte, afin de nous rendre plus disponible pour gérer cette méthode de construction « un peu atypique ». Plutôt portée sur une architecture contemporaine, notre architecte a souhaité conserver des formes simples, de façon à réduire le risque de dépassement d’enveloppe budgétaire, les formes simples étant généralement moins coûteuses et complexes à construire. Nous ne lui avions pas spécifié la forme que nous souhaitions donner à la maison, car nous préférions laisser libre cours à sa créativité. Nous lui avions formulé nos besoins sous forme textuelle, en lui indiquant des choses que nous aimions et d’autres que nous n’aimions pas, afin de l’orienter dans ses choix. Nous lui avions également indiqué que nous souhaitions que soient pris en compte les principes du bioclimatisme, et que nous préférions avoir de « vraies fenêtres » dans les chambres, par opposition aux fenêtres de toit (Vél*x ou autres…). Ces fenêtres pourront ainsi capter efficacement les apports solaires sans contribuer aux surchauffes estivales. Nous lui avions également indiqué que nous souhaitions construire en paille.

Le choix d’un volume sur deux étages découle de notre souhait d’avoir de « vraies fenêtres » à l’étage, et d’un souci d’optimisation économique, les m² avec étage étant moins coûteux que les m² de plain-pied.

Dans la version initiale de notre projet, un débord de toit important permettait de limiter les apports solaires sur les fenêtres orientées au Sud, ainsi que la quantité d’eau parvenant sur les murs en paille lorsqu’il pleut (et qu’il n’y a pas trop de vent…). Cependant, après réception de quelques devis suite au dépot de la demande de permis de construire de cette version, nous avions des craintes sur la tenue de notre enveloppe budgétaire, ce qui nous a amenés à revoir le projet en optant pour une toiture terrasse, moins coûteuse. Une pergola abritera également les baies situées au rez-de-chaussée côté sud, pas nécessairement exactement sous la forme représentée sur le plan, mais le principe est là…

L’absence de débord de toit nous a amenés à abandonner l’enduit chaux-sable pour la finition extérieure, au profit d’un bardage bois. En fonction des devis que nous recevrons, nous réaliserons ledit bardage nous-mêmes, ou pas.

La façade Sud accueille environ 19m² de menuiseries (6,3m² à l’étage et 12,6m² au rez-de-chaussée). Nous pallierons à l’absence de masquage solaire à l’étage par l’utilisation de volets roulants qui permettront d’occulter le soleil en cas de besoin.

Les panneaux solaires sont disposés sur le toit, au droit du ballon d’eau chaude afin de limiter le parcours de la tuyauterie. Pour le support, en fonction de l’accord trouvé entre le couvreur, le charpentier et le solariste, il s’agira d’un support métallique arrimé à la charpente à travers la couverture (léger mais entraîne des points singuliers dans la membrane d’étanchéité, donc des risques d’infiltration), d’un support en béton posé sur l’étanchéité (lourd, mais pas de points singuliers dans l’étanchéité) ou d’un support métallique arrimé à un bac lesté posé sur l’étanchéité (même principe que le support béton, mais peut-être plus maniable ?).

Deux petits volumes placés au nord, abriteront le garage, l’entrée et le cellier, qui serviront d’espaces tampons. La façade Nord est peu vitrée, avec quelques compromis pour assurer l’éclairage naturel des locaux, plutôt que de devoir allumer la lumière, ce qui consomme également de l’énergie…

Le volume situé côté Est recevra une finition enduite, mais vraisemblablement pas directement sur la paille, mais sous forme de panneaux enduisables (type Fibralith, ou PXD, à voir…), fixés en bardage sur un lattage avec lame d’air, afin d’éviter un risque de pénétration d’humidité sur ces murs non protégés par un débord de toit.

Vue de la façade Nord

Les pignons Est et Ouest sont modérément vitrés.

Façade Est

Façade Ouest

Vue extérieures en 3D

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Paille & humidité : thèse universitaire + stage sur l’hygrométrie d’un mur en paille

14 janvier 2008 par Yann

Bonjour !

Quand on parle de construire en paille, une des craintes les plus répandues porte sur le risque de pourrissement en cas d’humidité. Mais ce qu’on appelle simplement « humidité » regroupe plusieurs formes (vapeur d’eau, eau liquide…) et des mécanismes de transfert relativement complexes, variant suivant ces formes. Ce sujet a fait l’objet d’une thèse de recherche universitaire, réalisée à l’Ecole d’Informatique & de Technologie de l’Université de Londres Est, par Jakub Wihan.

Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet, Jakub Wihan animera une formation sur ce thème à Marsaz (Drôme) les 8 et 9 mars 2008. Le stage est organisé par Anarchitecture et Amazonails. Vous trouverez plus d’informations sur http://www.strawbalefutures.org.uk/stagehumidite.html.

Par ailleurs sa thèse est accessible librement, mais par contre 1) c’est une thèse de recherche et 2) c’est en anglais, ça reste donc un contenu assez peu accessible. Ceci dit, si vous lisez l’anglais, le jeu en vaut la chandelle : le document détaille de façon précise les connaissances établies sur le fonctionnement hygrométriques d’un mur en paille, notamment ses fameuses caractéristiques « perspirantes », et permet de se mettre les idées au clair sur la réalité technique du fonctionnement hygrométrique d’un mur en paille, aussi loin des préjugés pessimistes de base (« la paille ça pourrit ») que des préjugés optimistes (« meuh non, c’est magique, ça respire, y’a pas de problème, ça peut pas pourrir ! »).

A mon avis, ce type de recherche a une valeur inestimable pour les acteurs de la construction en paille : même si les erreurs à ne pas commettre sont relativement bien connues, plus on en aura une connaissance fine, et mieux on sera à même d’éviter de les commettre, et donc de « faire bien du premier coup, à tous les coups ». Construire une maison implique de gros investissements (finances, temps passé…), et personne n’a envie de reprendre les travaux une fois la maison achevée… Sans compter que montrer l’exemple sur ce qu’il est possible de faire en écoconstruction, c’est bien, mais il n’y a rien de pire qu’un mauvais exemple : les détracteurs de cette méthode de construction (y compris dans l’industrie du bâtiment) auront beau jeu d’exploiter les difficultés rencontrées par certains à cause de problèmes de conception ou de réalisation, ce qui ne manquerait pas d’inhiber beaucoup de bonnes volontés et de freiner le développement de ce qui semble être la méthode de construction la plus respectueuse de l’environnement, à tous point de vue…

Voici un résumé en français des éléments principaux de la thèse, afin de les rendre accessible au plus grand nombre…

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