Ti Plouz – une maison bioclimatique en paille en Bretagne

Planète bleue / France / Bretagne / Côtes d’Armor / Lannion

Frein-vapeur, colle et adhésif : terminé !

16 novembre 2009 par Yann

Bon, que les choses soient claires : dans notre cas, je crois que la conception de la maison n’était pas trop adaptée à la pose de frein-vapeur… Je savais qu’il y aurait certains points délicats à gérer, mais je ne m’étais pas rendu compte à quel point ce serait long et pénible. Dans notre cas, nous avions beaucoup de points « singuliers » à traiter, dont certains auraient été relativement faciles à éviter, moyennant une réflexion un peu plus aboutie en phase de conception.

NB : certains autoconstructeurs font le choix de se passer de ce type de protection et je n’ai jamais entendu parler de cas de sinistres dûs à ça dans une maison isolée à la paille (typiquement, il s’agirait de problèmes d’humidité dans le mur, dûs à la formation de condensation). Pour ma part, j’ai pris le parti de la prudence (que certains pourront donc considérer comme de la paranoïa ?), considérant que si les protections contre la vapeur d’eau (pare-vapeur / frein-vapeur) sont obligatoires en construction bois conventionnelle, y compris dans le cas de parois perspirantes composées de matériaux hygroscopiques, je ne voyais pas de bonne raison de m’affranchir de cette contrainte. Mais en matière d’autoconstruction,  chacun voit midi à sa porte…

Quelques exemples en images :

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On voit ici le haut d’un mur du rez-de-chaussée. Ces murs sont isolés à la paille jusqu’au bas des solives (les pièces de bois qui supportent le plancher de l’étage). Au-dessus, nous avons utilisé soit un bourrage de paille en vrac, soit de la laine de bois, mais dans tous les cas il ne s’agissait pas d’un support « enduisible » (enduisable ? mystère…). Or, outre son aspect décoratif, lorsqu’il sera terminé (et donc dénué de fissures), l’enduit terre assurera également la fonction de frein-vapeur. Mais étant donné qu’il ne recouvre pas l’intégralité du mur, il faut avoir recours à un frein-vapeur du commerce pour compléter la protection du mur en partie haute.

Pour revenir à nos moutons, l’idée générale de la pose de frein-vapeur est de constituer une enveloppe continue tout autour de l’espace habitable. Dans la pratique, il s’agit de combiner un film frein-vapeur (préférable à un pare-vapeur, lorsque la paroi est conçue pour être perspirante), de la colle et de l’adhésif afin de constituer une barrière complète. Tant qu’il s’agit de faire adhérer le film sur une surface plane, tout va bien (et vite !). Des qu’il y a des coins, ça se gâte sensiblement, puisque le film n’est pas élastique, et qu’il faut donc jongler avec des plis et des découpes, de la colle ou de l’adhésif. Dans cette perspective, on imagine aisément ce que peut représenter la pose lorsqu’il y a des solives, des traversées de gaines, ou des chevronnages.
Des produits spécifiques existent pour faciliter la gestion des traversées de gaines ou de conduits (par exemple les manchettes Kaflex et Roflex de Proclima), mais notre électricien/plombier n’était pas trop partant pour les utiliser… Et je n’avais pas pris conscience de la difficulté de la tâche sans ces manchons.
Par contre nous avons utilisé le produit hybride (adhésif + trame d’enduit) de Proclima (le Contega PV), qui nous a bien rendu service, puisqu’une fois intégré à la couche de corps de l’enduit terre, il ne reste plus qu’à décoller la protection de la bande adhésive du Contega PV, et à coller le frein-vapeur dessus. Du petit lait :

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On voit ici la bande de protection en blanc, juste sous la bande de frein-vapeur…

Au jour d’aujourd’hui, tout, oui, je répète, je dis bien *tout* le frein-vapeur est posé, mais j’ai dû faire des compromis à certains endroits, notamment autour de certaines traversées de gaines et de conduits : j’ai traité les endroits les moins accessibles avec de la mousse polyuréthane expansive, qui avait le mérite de venir prendre la place disponible toute seule, lorsque je ne pouvais pas accéder avec l’adhésif ou même avec le pistolet à colle. Le polyuréthane est certainement un des produits les plus polluants qui soient à la production, et des plus nocifs en cas d’incendie, mais utilisé à petite dose (4 cartouches dans la maison) et lorsqu’il rend un vrai service…

Si c’était à refaire (ou si vous souhaitez poser un frein-vapeur dans votre maison en paille), quelques conseils :
- 1) prévoyez de faire passer un maximum de gaines et de conduites d’arrivée d’eau/évacuation sous la dalle, afin d’éviter de devoir les faire traverser un mur (et donc votre enduit ou votre frein-vapeur…). Dans la pratique,
- 2) tout dépend de la façon dont est construite votre ossature, mais si la maison est sur deux niveaux, prévoyez de faire passer un lé de frein-vapeur allant du sol de l’étage au bas du solivage, passant donc entre le bout du solivage et les panneaux de contreventement. Au lieu de devoir suivre le solivage avec le frein-vapeur, ça permet de faire une simple jonction à l’adhésif entre ce lé et les lés qui couvrent le mur,
- 3) si vous voulez gagner du temps, demandez à l’électricien et au plombier d’utiliser des manchettes pour les traversées de gaines et de conduits… Elles coûtent un peu cher, mais s’il n’y a pas trop de traversées à gérer (cf. conseil du jour n°1), ça ne devrait pas chiffrer trop…

A + !
Yann

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Paille & humidité : thèse universitaire + stage sur l’hygrométrie d’un mur en paille

14 janvier 2008 par Yann

Bonjour !

Quand on parle de construire en paille, une des craintes les plus répandues porte sur le risque de pourrissement en cas d’humidité. Mais ce qu’on appelle simplement « humidité » regroupe plusieurs formes (vapeur d’eau, eau liquide…) et des mécanismes de transfert relativement complexes, variant suivant ces formes. Ce sujet a fait l’objet d’une thèse de recherche universitaire, réalisée à l’Ecole d’Informatique & de Technologie de l’Université de Londres Est, par Jakub Wihan.

Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet, Jakub Wihan animera une formation sur ce thème à Marsaz (Drôme) les 8 et 9 mars 2008. Le stage est organisé par Anarchitecture et Amazonails. Vous trouverez plus d’informations sur http://www.strawbalefutures.org.uk/stagehumidite.html.

Par ailleurs sa thèse est accessible librement, mais par contre 1) c’est une thèse de recherche et 2) c’est en anglais, ça reste donc un contenu assez peu accessible. Ceci dit, si vous lisez l’anglais, le jeu en vaut la chandelle : le document détaille de façon précise les connaissances établies sur le fonctionnement hygrométriques d’un mur en paille, notamment ses fameuses caractéristiques « perspirantes », et permet de se mettre les idées au clair sur la réalité technique du fonctionnement hygrométrique d’un mur en paille, aussi loin des préjugés pessimistes de base (« la paille ça pourrit ») que des préjugés optimistes (« meuh non, c’est magique, ça respire, y’a pas de problème, ça peut pas pourrir ! »).

A mon avis, ce type de recherche a une valeur inestimable pour les acteurs de la construction en paille : même si les erreurs à ne pas commettre sont relativement bien connues, plus on en aura une connaissance fine, et mieux on sera à même d’éviter de les commettre, et donc de « faire bien du premier coup, à tous les coups ». Construire une maison implique de gros investissements (finances, temps passé…), et personne n’a envie de reprendre les travaux une fois la maison achevée… Sans compter que montrer l’exemple sur ce qu’il est possible de faire en écoconstruction, c’est bien, mais il n’y a rien de pire qu’un mauvais exemple : les détracteurs de cette méthode de construction (y compris dans l’industrie du bâtiment) auront beau jeu d’exploiter les difficultés rencontrées par certains à cause de problèmes de conception ou de réalisation, ce qui ne manquerait pas d’inhiber beaucoup de bonnes volontés et de freiner le développement de ce qui semble être la méthode de construction la plus respectueuse de l’environnement, à tous point de vue…

Voici un résumé en français des éléments principaux de la thèse, afin de les rendre accessible au plus grand nombre…

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Catégorie : Coup de coeur, Technique, enduit | Il y a 7 commentaires !

Paille & humidité : thèse universitaire + stage sur l’hygrométrie d’un mur en paille

14 janvier 2008 par Yann

Bonjour !

Quand on parle de construire en paille, une des craintes les plus répandues porte sur le risque de pourrissement en cas d’humidité. Mais ce qu’on appelle simplement « humidité » regroupe plusieurs formes (vapeur d’eau, eau liquide…) et des mécanismes de transfert relativement complexes, variant suivant ces formes. Ce sujet a fait l’objet d’une thèse de recherche universitaire, réalisée à l’Ecole d’Informatique & de Technologie de l’Université de Londres Est, par Jakub Wihan.

Pour ceux qui souhaitent approfondir ce sujet, Jakub Wihan animera une formation sur ce thème à Marsaz (Drôme) les 8 et 9 mars 2008. Le stage est organisé par Anarchitecture et Amazonails. Vous trouverez plus d’informations sur http://www.strawbalefutures.org.uk/stagehumidite.html.

Par ailleurs sa thèse est accessible librement, mais par contre 1) c’est une thèse de recherche et 2) c’est en anglais, ça reste donc un contenu assez peu accessible. Ceci dit, si vous lisez l’anglais, le jeu en vaut la chandelle : le document détaille de façon précise les connaissances établies sur le fonctionnement hygrométriques d’un mur en paille, notamment ses fameuses caractéristiques « perspirantes », et permet de se mettre les idées au clair sur la réalité technique du fonctionnement hygrométrique d’un mur en paille, aussi loin des préjugés pessimistes de base (« la paille ça pourrit ») que des préjugés optimistes (« meuh non, c’est magique, ça respire, y’a pas de problème, ça peut pas pourrir ! »).

A mon avis, ce type de recherche a une valeur inestimable pour les acteurs de la construction en paille : même si les erreurs à ne pas commettre sont relativement bien connues, plus on en aura une connaissance fine, et mieux on sera à même d’éviter de les commettre, et donc de « faire bien du premier coup, à tous les coups ». Construire une maison implique de gros investissements (finances, temps passé…), et personne n’a envie de reprendre les travaux une fois la maison achevée… Sans compter que montrer l’exemple sur ce qu’il est possible de faire en écoconstruction, c’est bien, mais il n’y a rien de pire qu’un mauvais exemple : les détracteurs de cette méthode de construction (y compris dans l’industrie du bâtiment) auront beau jeu d’exploiter les difficultés rencontrées par certains à cause de problèmes de conception ou de réalisation, ce qui ne manquerait pas d’inhiber beaucoup de bonnes volontés et de freiner le développement de ce qui semble être la méthode de construction la plus respectueuse de l’environnement, à tous point de vue…

Voici un résumé en français des éléments principaux de la thèse, afin de les rendre accessible au plus grand nombre…

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