Ti Plouz – une maison bioclimatique en paille en Bretagne

Planète bleue / France / Bretagne / Côtes d’Armor / Lannion

Terrassement, réseaux, soubassement, fondations, plancher chauffant, dalle…

18 décembre 2008 par Yann

Bonjour,

Ca y est, les travaux ont (enfin) commencé…

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Catégorie : Technique, Travaux | Il y a 3 commentaires !

Volume général de la maison

22 février 2008 par Yann

Bioclimatisme & conception d’un volume

Parmi les principes essentiels du bioclimatisme, se trouvent la réduction des déperditions thermiques, et l’optimisation des captages solaires hivernaux.

Quand il s’agit de travailler sur le volume général d’une habitation, l’objectif de réduction des déperditions voudrait qu’on tende vers une forme la plus compacte possible. En effet les déperditions thermiques sont proportionnelles à la surface extérieure des parois du volume.
Théoriquement, on tendrait ainsi vers des formes se rapprochant le plus possible de la sphère, cette dernière étant la forme dont le rapport volume intérieur/surface extérieure est le plus élevé. Si on s’écarte des formes arrondies, la forme la plus favorable du point de vue du facteur de forme serait le cube.

Cependant, si on prend en compte la problématique d’optimisation des captages solaires hivernaux, on est amené d’une part à augmenter la surface de la façade sud afin d’augmenter la surface vitrée, par lesquels les rayons solaires hivernaux pourront pénétrer dans la maison, et à diminuer la profondeur du volume sur l’axe nord-sud, afin de favoriser l’accès des rayons solaires à l’ensemble de l’espace habité. A cet égard, on considère que la profondeur d’une habitation ne devrait pas excéder ~2-2.5 fois la hauteur de ses baies.

La recherche d’un compromis entre ces 2 approches a donné naissance à une multitude de formes architecturales, mais la forme la plus simple qui concilie à la fois une forme compacte, et une façade sud généreusement proportionnée, est un parallélépipède rectangle allongé dans le sens est-ouest…

Mise en application de ces principes dans notre projet

En début de projet, n’étant pas « du métier », souhaitant construire la maison en paille, et travaillant tous deux à plein temps, nous avons choisi de travailler avec une architecte, afin de nous rendre plus disponible pour gérer cette méthode de construction « un peu atypique ». Plutôt portée sur une architecture contemporaine, notre architecte a souhaité conserver des formes simples, de façon à réduire le risque de dépassement d’enveloppe budgétaire, les formes simples étant généralement moins coûteuses et complexes à construire. Nous ne lui avions pas spécifié la forme que nous souhaitions donner à la maison, car nous préférions laisser libre cours à sa créativité. Nous lui avions formulé nos besoins sous forme textuelle, en lui indiquant des choses que nous aimions et d’autres que nous n’aimions pas, afin de l’orienter dans ses choix. Nous lui avions également indiqué que nous souhaitions que soient pris en compte les principes du bioclimatisme, et que nous préférions avoir de « vraies fenêtres » dans les chambres, par opposition aux fenêtres de toit (Vél*x ou autres…). Ces fenêtres pourront ainsi capter efficacement les apports solaires sans contribuer aux surchauffes estivales. Nous lui avions également indiqué que nous souhaitions construire en paille.

Le choix d’un volume sur deux étages découle de notre souhait d’avoir de « vraies fenêtres » à l’étage, et d’un souci d’optimisation économique, les m² avec étage étant moins coûteux que les m² de plain-pied.

Dans la version initiale de notre projet, un débord de toit important permettait de limiter les apports solaires sur les fenêtres orientées au Sud, ainsi que la quantité d’eau parvenant sur les murs en paille lorsqu’il pleut (et qu’il n’y a pas trop de vent…). Cependant, après réception de quelques devis suite au dépot de la demande de permis de construire de cette version, nous avions des craintes sur la tenue de notre enveloppe budgétaire, ce qui nous a amenés à revoir le projet en optant pour une toiture terrasse, moins coûteuse. Une pergola abritera également les baies situées au rez-de-chaussée côté sud, pas nécessairement exactement sous la forme représentée sur le plan, mais le principe est là…

L’absence de débord de toit nous a amenés à abandonner l’enduit chaux-sable pour la finition extérieure, au profit d’un bardage bois. En fonction des devis que nous recevrons, nous réaliserons ledit bardage nous-mêmes, ou pas.

La façade Sud accueille environ 19m² de menuiseries (6,3m² à l’étage et 12,6m² au rez-de-chaussée). Nous pallierons à l’absence de masquage solaire à l’étage par l’utilisation de volets roulants qui permettront d’occulter le soleil en cas de besoin.

Les panneaux solaires sont disposés sur le toit, au droit du ballon d’eau chaude afin de limiter le parcours de la tuyauterie. Pour le support, en fonction de l’accord trouvé entre le couvreur, le charpentier et le solariste, il s’agira d’un support métallique arrimé à la charpente à travers la couverture (léger mais entraîne des points singuliers dans la membrane d’étanchéité, donc des risques d’infiltration), d’un support en béton posé sur l’étanchéité (lourd, mais pas de points singuliers dans l’étanchéité) ou d’un support métallique arrimé à un bac lesté posé sur l’étanchéité (même principe que le support béton, mais peut-être plus maniable ?).

Deux petits volumes placés au nord, abriteront le garage, l’entrée et le cellier, qui serviront d’espaces tampons. La façade Nord est peu vitrée, avec quelques compromis pour assurer l’éclairage naturel des locaux, plutôt que de devoir allumer la lumière, ce qui consomme également de l’énergie…

Le volume situé côté Est recevra une finition enduite, mais vraisemblablement pas directement sur la paille, mais sous forme de panneaux enduisables (type Fibralith, ou PXD, à voir…), fixés en bardage sur un lattage avec lame d’air, afin d’éviter un risque de pénétration d’humidité sur ces murs non protégés par un débord de toit.

Vue de la façade Nord

Les pignons Est et Ouest sont modérément vitrés.

Façade Est

Façade Ouest

Vue extérieures en 3D

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Technique utilisée pour la paille : mon coeur balance !

26 janvier 2008 par Yann

Bonjour !

Depuis bien longtemps, nous étions partis sur la technique la plus classique en France (en résumé : bottes de paille posées à plat entre des montants, et enduites à la chaux). Mais comme nous sommes encore en phase de conception du projet, et que je potasse pas mal les documents scientifiques (rapport de Montholier, thèse de Jakub Wihan sur l’hygrométrie d’un mur en paille…), j’envisage une autre technique, car tout ce que j’ai pu lire me pousse vers une technique qui :

  • permette de poser les bottes sur chant, pour obtenir une meilleure isolation, (R=8 pour une botte posée sur le chant, contre R=6 pour une botte posée à plat),
  • utilise un trempage dans une barbotine de terre (le fameux « french dip ») afin de constituer un tampon hygroscopique, qui viendrait absorber l’eau de condensation susceptible de se former sous l’enduit extérieur, et donc mobiliser cette eau à la place des micro-organismes, et empêchant donc ces derniers de l’utiliser pour se développer et de dégrader la paille,
  • limite les interstices entre les bottes, pour éviter le phénomène de « cheminées de convection » évoqué dans la thèse de Jakub Wihan : les zones moins denses existant entre les bottes, susceptibles de véhiculer la vapeur d’eau jusqu’en haut du mur, où elle pourra se condenser une fois dans la zone plus froide située à l’ombre du toit

Et… la technique « CST » (pour « Cellule Sous Tension ») de Tom Rijven semble concilier tous ces points…

Pour en savoir plus sur la technique CST de Tom Rijven, vous pouvez vous référer au site de son entreprise, Habitat Végétal , ou encore acheter son livre « Entre Terre et Paille » (éd. Goutte de Sable), à la fois beau et instructif. Voici une interview de Tom Rijven. Un personnage sympathique, qui semble à la fois original et les pieds sur terre. Après l’avoir écouté, la construction paille-terre paraît… une évidence ! :-)

Bon, par contre partir effectivement sur la CST serait un changement de direction assez significatif, notamment en terme esthétique, puisqu’initialement on envisageait des enduits à la chaux, et que là on est en train de parler d’enduits à la terre. Avec les craintes qu’on peut avoir à l’idée d’avoir des enduits terre en Bretagne… Le livre de Tom Rijven évoque certaines techniques de composition des enduits qui permettraient d’améliorer la résistance à la pluie des enduits terre : utilisation de jus de fermentation riche en cellulose/glucose, ou l’ajout de silicate de sodium. Cette dernière technique est également évoquée dans les recherche de Straube (cf. Moisture Properties of Plaster and Stucco for Strawbale Buildings, ainsi que l’utilisation de siloxane, qui semblait très efficace sans compromettre la perméance de l’enduit (vraisemblablement moins bio, aussi).
De plus, des maisons utilisant la technique CST ont déjà été construites en Bretagne par Botmobil, une association intervenant sur des chantiers de construction paille, afin d’accompagner le maître d’ouvrage, en incitant ce dernier à organiser un chantier participatif.
Je vais tâcher de contacter quelqu’un de chez Botmobil pour avoir le contact de quelqu’un à qui on pourrait rendre visite, pour avoir un retour d’expérience…

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